Suha Nusta

Date de création : 22/10/2022
Race : Halfelin
Réputation : Héroïne
Clan : Oriflamme des Exaltés
Monstres tués : 92 - Aventuriers tués : 0
Bassinet plume de maître [Pré +5٪ | CON +1] - Tête
Tunique de l'ombre de maître [DEX +1] - Buste
Fouet de qualité - Une main
Rondache de maître - Une main
Brodequins de maître [Pré +5٪ | DEX +1] - Pieds
Anneau de maître [Obs +5٪ | DEX +1] - Fétiche

A la ceinture :
   Arc d'élite de maître [Esq +10٪ | DEX +1] - Deux mains

Don = Prudence

Haut-Fait [Entrer dans l'histoire]

Cheval
Mulet

Description

Suha Nusta
Appétence et Malchance
 
Description

Un petit être, pas plus haut qu’une soixantaine de centimètres, se tient devant vous. De longs cheveux blonds encadrent son visage enfantin. D’une frappante jeunesse, cette halfeline ne doit pas encore avoir atteint l’adolescence. 

Mais plus étonnant encore, c’est sa candeur naïve qui vous interpelle ainsi que son petit sourire timide qui ne fait guère cas de votre tunique tachée de sang. L’innocence et la bonté se lisent dans chacun de ses traits.

Elle traîne tant bien que mal, une épée presque aussi grande qu’elle. Inoffensive ? Probablement. Pourtant, une inflexible volonté est dissimulée dans ses iris sombres. 

Caractère

Suha est une enfant affectueuse et attachante, capable de désarçonner le plus sanguinaire des guerriers par sa naïveté naturelle. Cependant, l'innocence n'est pas sans conséquence dans un envionnement hostile : il n'est pas bien difficile de la duper ou même de la manipuler en échange de quelques victuailles, tant ces comportements d'adultes échappent à sa compréhension juvénile.

De par ses douze années d'existence, ses décisions ne sont ni raisonnables, ni raisonnées et peuvent s'avérer imprévisibles, voire imprévisiblement dangereuses pour sa propre survie. Un état de fait particulièrement vérifiable lorsque que la gourmandise prend le dessus et conduit Suha dans des situations pour le moins risquées.

 
Histoire

Il était une petite halfeline qui répondait au doux nom de Suha.  Âgée d’une douzaine de printemps, elle n’avait jamais quitté le paisible village l’ayant vu naître à l’instar de ses parents et de leurs parents avant eux. Elle n’en avait guère éprouvé le moindre regret, conditionnée par ses pairs dont l’horizon se résumait aux plaines fertiles et verdoyantes. 

Il s’en étendait à perte de vue au point qu’il ne fut jamais nécessaire d’en voir le bout. Après tout, pour ce peuple casanier, la découverte de l’inconnu n’est une vertu qu’en matière de gastronomie.

Rares étaient les étrangers à se perdre dans ces contrées perdues et oubliées de tous. Plus rares encore étaient ceux qui s’arrêtaient dans ce hameau, malgré les regards haineux et chauvins de ses habitants de petites tailles.

Ce fut pourtant le cas d’un marchand dont la carriole brinquebalante recelait mille et un trésors aux origines diverses et variées. Il avait pris soin de s’attirer la sympathie de sa clientèle acariâtre grâce à des saveurs qui jusque-là, lui étaient insoupçonnées. Il passa ainsi, une nuit à l’abri du froid et des bêtes sauvages dans un lit, certes douillet, mais trop court pour lui.

On avait chargé Suha de veiller le barda du négociant, mais nul n’avait imaginé que ce serait alors la dernière fois qu’on la verrait.

L’enfant s’était exécutée menant la mule et son précieux chargement en lieu sûr, avant de se poster, assise en tailleur, avec une couverture de laine sur les épaules. Lentement, les heures s’égrainaient tandis que ses paupières fatiguées se fermaient. Ce fut le hululement d’une chouette effraie qui vint la sortir de sa torpeur, et probablement la pointe douloureuse qui s’éveillait dans son estomac affamé. 

Ses fines narines frémirent quand le vent lui porta les effluves des appétissantes marchandises dans une cruelle tentation. Son innocence et sa jeunesse aidant, elle n’eut guère la sagesse de s’abstenir. 

Sous le regard bienveillant d’une pleine lune, elle escalada alors la charrette et grimpa de caisses en caisses jusqu'à accéder à la barrique d’où provenait cette doucereuse odeur. Sa petite taille rendait l’opération délicate, mais son agilité et sa débrouillardise compensaient.

Sur la pointe des pieds, elle se hissa sur le rebord jusqu’à se trouver en admiration devant toutes les denrées qui remplissait la barrique. La salive aux babines, elle se pencha, son bras désespérément tendu vers son objectif. Peu à peu, ses doigts se rapprochaient frôlant un morceau de fromage sans toutefois l’atteindre. 

Suha soupira et se pencha plus encore dans un fragile équilibre. Un petit cri de joie résonna entre ses lèvres quand elle réussit finalement à agripper sa proie. Son succès fut bien bref tant elle basculait déjà maladroitement vers l’intérieur du tonneau. Sa chute se fit sans bruit et sans douleur au milieu des victuailles.

Elle constata, au prix de plusieurs tentatives infructueuses, qu’il lui était impossible de sortir. Les rebords, trop hauts, ne lui permettaient pas de se hisser hors du fût. Les parois, trop lisses, étaient dépourvues de toute prise qui lui aurait permis d’escalader. Enfin, le tonneau lui-même, trop lourd, ne bougeait pas d’un pouce malgré les coups d’épaule frénétiques qu’elle lui infligeait. 

A bout de force, elle tomba à genoux et son regard, habitué à la pénombre, se posa sur la nourriture qui l’entourait. Au moins n’avait-elle pas tout perdu et c’est l’estomac plein qu’elle s’endormit dans un sommeil sans rêve.

Au petit matin, elle rouvrit les yeux, secouée de tous côtés. Il ne lui fallut que quelques secondes pour comprendre avec horreur que la carriole était en route et qu’à présent, un couvercle bouchait toute sortie. 

Elle cria. Elle tapa de toutes ses forces. Mais seul un ricanement sinistre lui répondit…